samedi 14 septembre 2013

Exposition "Désir et Volupté" au Musée Jaquemart-André: appétissante Grande-Bretagne...
"Désir et Volupté" im Pariser Musée Jaquemart-André: ein anregendes Bad von Lust und Sehnsucht!

Dès que l'on franchit la première salle de l'exposition, on est littéralement plongé dans un bain de volupté.
Comme ces filles sensuelles dans un bain de roses envoûtantes qui vous accueillent avec le premier tableau, une oeuvre de Lawrence Alma-Tadema, "les Roses de Héliogabale" (1888).
Le ton est donné, un ton nostalgique, songeur et parfois mélancolique.

Le Musée Jaquemart-André a eu la bonne idée de démarrer sa saison avec une invitation hors pair: la collection Pérez Simon. 
Cette collection privée, venue de Mexico, est constituée d'un des plus riches ensembles de la peinture Victorienne. 
Au travers d'une cinquantaine d’œuvres, on découvre un mouvement artistique dans son intégralité, d'habitude dispersé dans les musées du monde: celui de l'époque britannique sous le règne de la reine Victoria (1837-1901).  
Un temps de guerre - la première guerre mondiale de 1914-1918 -, et de bouleversements économiques et sociaux au Pays de Galles. 
Dans ce contexte difficile, les peintres contre-attaquent avec des femmes sublimes: des héroïnes de l'Antiquité, des sensuelles héritières préraphaélites... 
L'effondrement morale est ainsi masqué par la légèreté décorative.
Dix-neuf peintres, presque exclusivement britanniques, témoignent de cette magnifique exubérance artistique. Parmi eux, c'est sans doute le hollandais Lawrence Alma-Tadema, qui est le coqueluche des collectionneurs et du public d'antan. 
On se plonge avec grand plaisir dans ses œuvres d'une accessibilité raffinée, ainsi que celles de ses "confrères", parmi lesquels Dante Gabriel Rossetti, et surtout Sir John Everett Millais, qui nous fait partager son tableau "Couronne de l'amour" (1875) inspiré du poème du même nom de George Meredith. 
Le voici en intégralité, parfait reflet de l'atmosphère de cette exposition.

"Oh! si je pouvais te porter dans mes bras,
Tel le jeune amant chanté par le ménestrel
Qui avait si glorieusement gagné
L'amour de la belle princesse de France.
Lui qui à osé un amour aussi élevé,
Doit maintenant porter son précieux fardeau
Et gravir sans arrêter comme décrété par le valeureux roi,
Jusqu'au point où elle se fond dans le ciel.
Sans aucune halte, il la porte
Et ne s'arrête pas pour reprendre son souffle
Car c'est dans la mort qu'elle fût conquise."

Bereits beim ersten Schritt in die Ausstellung, erwartet die Besucher ein Badevergnügen besonderer Art: laszive junge Mädchen erfrischen sich in einem Bassin aus tausend Rosenblüten... Das Werk "Die Rosen von Héliogabale" des Holländers Laurence Alma-Tadema (1888) gibt sofort den Ton an - sehnsuchtsverhangene Nostalgie mischt sich mit existenziellem Weltschmerz.

Das Pariser Musée Jacquemart-André hatte die überraschende Idee, die Saison mit einer ausgefallenen Einladung zu eröffnen: die Collection Pérez Simon zeigt eine Auswahl ihrer Werke viktorianer Kunst. Die zum Grossteil aus Privatbesitz stammende Kollektion aus Mexiko besitzt weltweit einer der grössten Sammlungen dieser sehr speziellen Epoche Grossbritanniens, zur Zeit der Regentschaft ihrer Königin Viktoria (1837-1901). Eine vom ersten Weltkrieg zerrüttete Nation - zwischen wirtschaftlicher Verarmung und sozialem Elend - erträumt sich auf Leinwand Szenen aus Oel und Pastell: Szenen aus der antiken- und religiösen Mythologie, bevölkert mit anmutigen pre-rafaelitischen Erbinnen... Englands moralischer Zusammenbruch wird mit technisch raffinierter, dekorativer Leichtigkeit übermalt!
19 Meister dieser Zeit, fast ausschliesslich britisch, ergeben am Boulevard Haussmann ein Gesamtwerk (fast fünfzig Gemälde), das der Besucher sonst in allen Ecken der Welt zusammensuchen müsste. Und so lässt man sich gerne tragen von der angenehmen Leichtigkeit der ausgewählten Werke - von Sammler-Liebling Laurence Alma-Tadema, über Dante Gabriel Rossetti, bis hin zu Sir John Everett Millais, dessen Oeuvre "Gekrönte Liebe" von 1875, nach dem gleichnamigen Gedicht von George Meredith, genau die Stimmung der wirklich geglückten Ausstellung widerspiegelt...


"Désirs et Volupté à l'Epoque Victorienne" / Collection Pérez Simon
Musée Jaquemart André, Paris (www.musee-jaquemart-andre.com)
jusqu'au 20 janvier 2014 / bis 20. Januar 2014


Lawrence Alma-Tadema (1836 – 1912) Les Roses d’Héliogabale, 1888
Huile sur toile, 132,7 x 214,4 cm
Collection Pérez Simón, Mexico © Studio Sébert Photographe

Frederic Leighton (1830 – 1896)
Jeunes Filles grecques ramassant des galets sur la plage, 1871
Huile sur toile 84 x 129,5 cm
Collection Pérez Simón, Mexico © Studio Sébert Photographe

John William Waterhouse (1849 – 1917) Le chant du printemps, 1913
Huile sur toile 72 x 92 cm
Collection Pérez Simón, Mexico © Studio Sébert Photographe

Albert Moore (1841-1893)
Le Quartet. Hommage du peintre à l’art de la musique, 1868
Huile sur toile 61 x 88 cm
Collection Pérez Simón, Mexico © Studio Sébert Photographe

Edward John Poynter (1836 – 1919) Andromède, 1869
Huile sur toile 51 x 36 cm
Collection Pérez Simón, Mexico © Studio Sébert Photographe

Frederic Leighton (1830 – 1896)
Crenaia, la nymphe de la rivière Dargle, ca. 1880
Huile sur toile 76,2 x 26,7 cm
Collection Pérez Simón, Mexico
© Studio Sébert Photographe

Henry Arthur Payne (1868-1940) La Mer enchantée, vers 1899
Huile sur toile, 91,5 x 65,5 cm
Mexico, Collection Pérez Simón © Studio Sébert Photographe

John Everett Millais (1829-1896) La Couronne de l’amour, 1875
Huile sur toile, 129,5 x 87,8 cm
Mexico, Collection Pérez Simón © Studio Sébert Photographe

John Melhuish Strudwick (1849-1937) L'Âge d'Or , n.d.
Huile sur toile, 66,5 x 46,1 cm
Mexico, Collection Pérez Simón © Studio Sébert Photographe

John William Waterhouse (1849-1917) La Boule de cristal, 1902
Huile sur toile, 121,6 x 79,7 cm
Mexico, Collection Pérez Simón © Studio Sébert Photographe

dimanche 8 septembre 2013

Haus der Kunst à Munich: la collection d'art moderne "Goetz" lui appartient désormais!
Das Münchner Haus der Kunst (und Bayern) erhält die Sammlung Goetz!

La Bavière, et Munich, gagnent une importante collection d'art contemporain.
La collection Goetz, déjà présente en prêt permanent au sein du Haus der Kunst depuis 2010, va appartenir au musée - et à la région du sud de l'Allemagne, qui lui a décerné cette année l'Ordre du Mérite Bavarois.
Ingvild Goetz, née en 1941, est considérée depuis plusieurs décennies comme une collectionneuse philanthrope et visionnaire, spécialiste de l'art contemporain. Après la peinture et la photographie, elle axe sa collection vers les arts médiatiques, vidéos et performances, notamment. 

Le Haus der Kunst, qui est aujourd'hui un des premiers musée d'art moderne de la ville, fût le temple munichois du national-socialisme. 
L'édifice, installé dans le centre historique, fut pensé par Adolf Hitler comme tout premier projet du régime Nazi. 
Construit entre 1933 et 1937 sur les plans néoclassiques de l'architecte Paul Troost, cette "maison de l'art allemand" ouvre en grande pompe le 18 juillet 1937 avec la "Grosse Deutsche Kunstausstellung" (« Grande exposition d'art allemand »), vision officielle de l'art; suivie le 19 juillet par une contre-exposition nommée "Entartete Kunst" ("l'Art dégénéré"), qui condamne ainsi tout l'art moderne. 
La fine fleur du Reich défile devant les œuvres des expressionnistes, dadaistes, et autres surréalistes, qu'ils présentent comme étant produit par les bolcheviks et les juifs, dans les vastes salles du Haus der Kunst.
L'exposition présenta 737 œuvres saisies dans les musées allemands, d'une centaines d'artistes allemands décadents comme George Grosz, Max Beckmann, Otto Dix, ou étrangers (Picasso et Chagall notamment).
Ironie du sort, cette deuxième exposition est encore aujourd'hui celle qui a eu le plus de succès en Allemagne, avec plus de deux millions de visiteurs!

C'est dire si l'acquisition de la collection d'Art Moderne d'Ingvild Goetz par le Haus der Kunst, est un symbole fort!

Le musée ne possède actuellement aucune collection permanente.
Il accueille par contre des expositions d'envergures internationales, comme le - véritable - trésor du tombeau de Toutankhamon; mais également la génération moderne, tels Thomas Ruff, Ed Ruscha, Mel Bochner, Ai Wei Wei ou la reine du pointillisme du 21ème siècle, la japonaise Yayoi Kusama.
Des artistes comme Rosemarie Trockel, Chantal Akerman, Ulrike Ottinger ou Rineke Dijkstra, ont été présentés au sous-sol rénové du bâtiment, ancien abri anti aérien du troisième Reich.

Actuellement la Haus der Kunst et son directeur très engagé, le sud africain Okui Enwezor, présentent dans la collection Goetz, "So much I want to say" (jusqu'au 12 janvier 2014), ainsi qu' une installation de l'artiste coréenne Haegue Yang (-22/9) et "Paperweight" (27/10).

 A partir du 25 octobre,  les visiteurs pourront y voir l'exposition de Lorna Simpson, coproduite avec le Musée du Jeu de Paume à Paris. (voir l'article http://cultureundkultur.blogspot.fr/2013/05/lorna-simpson-paris-et-munich-decouvrir.html)


Das Münchner Haus der Kunst - und der Freistaat Bayern - erhält die Sammlung Goetz.
 Die ambitionierte Kollektion zeitgenössischer Performance und Videokunst (Chantal Akerman, Rineke Dijkstra, Rosemarie Trockel, Ulrike Ottinger...) von Ingvild Goetz (Jahrgang 1941) ist seit 2010 in Form von längeren Wechselausstellungen im renovierten ehemaligen Luftschutzbunker des Museums zu sehen.
Das Haus der Kunst besitzt seit dem Umzug der Staatlichen Modernen Sammlung in die Pinakothek der Moderne keine permanente Kollektion. Mit der Sammlung Goetz ist somit eine wichtige Lücke gefüllt - und ein umstrittenes Kapitel Geschichte des Hauses ein wenig verfärbt:
seine Vergangenheit als NS-Kunsttempel. Nach seiner Erbauung zwischen 1933 und 1937 von Architekt Paul Troost, eröffnete Adolf Hitler am 18. Juli 1937 im neuerrichteten Haus der Kunst die "Grosse Deutsche Kunstausstellung". Am Tag danach, wurde als gezielte Gegendarstellung die Schau "Entartete Kunst" eingerichtet. 737 Werke aus 32 deutschen Museen zogen innerhalb von acht Jahren 200 Millionen Besucher an - ein Rekord, der bis heute in Deutschland unüberboten ist! Zur Vernissage versammelten sich Künstler und Politiker des Regimes, um ihre Kunst im "gesäuberten Tempel" der Welt zu präsentieren. Hitler selbst eröffnete die Ausstellung mit folgenden Worten: "Wir werden von jetzt ab einen unerbittlichen Säuberungskrieg führen gegen die letzten Elemente unserer Kulturzersetzung..." Exit für Künstler wie Otto Dix, Max Beckmann, Oskar Kokoschka, Paul Klee...
Das Haus der Kunst ist seit Jahren bemüht, eine hochkarätige Auswahl internationaler und deutscher Künstler zu präsentieren. Sein derzeitiger Leiter, der Südafrikaner Okui Enwezor, führt die Linie von Thomas Ruff, Ed Ruscha, Kendell Geer, Mel Bochner oder Ai Wei Wei weiter zu Lorna Simpson, die ab 25. Oktober (nach dem Co-Produzenten, dem Pariser Jeu de Paume) ins Haus kommt (http://cultureundkultur.blogspot.fr/2013/05/lorna-simpson-paris-et-munich-decouvrir.html).
Die Sammlung Goetz zeigt derzeit "So Much I Want to Say" (noch bis 12. Januar 2014)



Ingvild Goetz






Haus der Kunst

"So Much I want to say" Collection Goetz 2013  / Andrea Bowers: Letter to an Army of Three 2005

Haegue Yang Installation 2013


"So Much I want to say" Collection Goetz 2013
Ulrike Ottinger
Johanna d'Arc of Mongolia, 1989

Yayoi Kusama Installation 2007



Stereo Styles [Styles stéréo] 1988 Lorna Simpson

Dix Polaroid dye-diffusion noir et blanc, dix plaques en plastique gravées.
 Collection Melva Bucksbaum et Raymond Learsy © Lorna Simpson
Momentum 2010 Lorna Simpson

Vidéo HD, couleur, son, 6’56”.
Courtesy l’artiste, Salon 94, New York, et Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles.
© Lorna Simpson
Projet de construction du Haus der Kunst en 1933
Construction
Inauguration de l'Haus der Kunst, le 16 juillet 1937 par Adolf Hitler, en présence de l'ambassadeur Italien Dino Alfieri, à l'occasion de l'exposition “Grosse Deutsche Kunstausstellung”

Inauguration de l'Haus der Kunst, le 16 juillet 1937 par Adolf Hitler, en présence de l'ambassadeur Italien Dino Alfieri, à l'occasion de l'exposition “Grosse Deutsche Kunstausstellung”


Goebbels visitant l'exposition sur l"Art dégénéré"
Exposition sur "l'Art dégénéré"

Exposition sur "l'Art dégénéré"









Tag der deutschen Kunst (Journée de l'art allemand), monumentale célébration de « 2000 ans de culture germanique » les 15 et 16 octobre 1939

dimanche 1 septembre 2013

René Burri: "Les Allemands" - réalité d'un utopiste
"Die Deutschen" nach René Burri

 René Burri est un voyager utilisant ses yeux (et son objectif) comme des fenêtres sur l'ailleurs. 
Le photographe suisse, né en 1933 à Zurich, explore le monde en réalisant des reportages pour l'agence Magnum, où il est engagé depuis 1955. 
En 1959, il pose ses pieds en Allemagne, en plein période de reconstruction. Trois ans plus tard le sujet devient son premier album, "Die Deutschen".
C'est le portrait complexe d'un peuple en proie à ses doutes et à ses contradictions - sans jamais tomber dans la caricature ou céder à l'anecdote. Il ne se laisse jamais séduire que par l'instant - c'est le travail sur le long terme qui l'intéresse. 
Le suisse dans le monde, comme il dit sur lui-même, fixe son regard non-politique, mais plutôt utopiste sur Berlin, la capitale et la construction du mur, Munich et la fête de la bière, les plaisirs du bain et des sorties, les premières usines d'après-guerre, mais aussi sur les murs troués en témoignage d'une guerre difficilement réparable...

René Burri est aussi connu pour ses clichés de célébrités: Picasso, Klein, Le Corbusier, Giacometti, ou son ami suisse Jean Tinguely. 
Ce travail fait actuellement l'objet d'une exposition -  "Utopia" au Musée des Suisses dans le Monde, aux portes de Genève.
jusqu'au 15 décembre 2013

René Burri ist ein ewig Reisender - den Blick (und sein Objektiv) immer ins Weite gerichtet. Der Schweizer Fotograf, geboren 1933 in Zürich, arbeitet seit 1955 weltweit erfolgreich im Auftrag der Agentur Magnum. 1959 fährt er nach Deutschland - ein irrendes Land nach dem Krieg...Drei Jahre später realisiert er sein erstes Album, "Die Deutschen": ein bewegendes Portrait zwischen Zweifeln und Widersprüchen eines Volkes. Komplex, nie anekdotisch, oder der simplen Karikatur verfallen. René Burri gelingt hier eine Arbeit, die noch immer aktuell ist. Der "Schweizer Weltmensch", wie er sich selbst bezeichnet, fixiert seinen Blick nicht (schweizerisch) neutral, nicht politisch bohrend, sondern utopistisch erfragend: Berlin und der Mauerbau, München im blinden Biertaumel auf der Wies'n, Abseits der politischen Realität bei Bad und anderen Vergnügen, ein Land im Industrie-wahn, durchschossene Hausmauern als stumme Zeugen eines nur schwer verdaulichen Krieges...

René Burri ist auch ein Name, der für grosse Kunst steht: Picasso, Klein, LeCorbusier, Giacometti, oder sein Schweizer Freund Jean Tinguely...
Seine Klischees der Berühmten der Welt sind derzeit Objekt einer ambitionierten Ausstellung: "Utopia", im Musée des Suisses dans le Monde, nahe bei Genf.
noch bis 15. Dezember 2013

Berlin. Lunapark. 1959
© René Burri – Magnum Photo

Essen. Krupp usine en ruine. 1961. © René Burri – Magnum Photo
Oktoberfest à Munich, 1961.
© René Burri – Magnum Photo
Tauentzienstrasse à Berlin-ouest 1959
© René Burri – Magnum Photo

Berlin-ouest. 1961. Bord du lac Wannsee.
© René Burri – Magnum Photo

Berlin-ouest. Kaiser-Wilhem-Gedachtniskirche (jamais restauré après la guerre) 1959
© René Burri – Magnum Photo

Hamburg. Bar à Reeperbahn  1960
© René Burri – Magnum Photo

Jean Tinguely © René Burri – Magnum Photo
René Burri


mardi 27 août 2013

Le "Ring" de Wagner: une exposition retrace avec soin sa création à Munich
Vom Anfang des "Rings" - eine spannend-ausgeleuchtete Ausstellung im Münchner Theatermuseum

(Il était une fois... un roi, qui permit à son compositeur préféré de créer son œuvre majeur...)

C'est Louis II, roi de la Bavière, qui est le moteur principal de la naissance du "Ring" du compositeur Richard Wagner. 
L'admirateur fiévreux et mécène royal, le jeune roi amoureux des folies en tous genres (et pas seulement artistiques) - menait (à seulement 19 ans!) un seul but: construire pour son "cher ami Wagner" un théâtre prestigieux à Munich, pour permettre la création mondiale de sa tétralogie mythologique. 
Le roi, en plus de libérer Wagner de ses énormes dettes, lui loue un somptueux appartement.
Des largesses qui auront une contrepartie: Ludwig est exigeant, impatient et capricieux Il l'ordonne: Wagner doit continuer son histoire sur les Nibelungen, tiré des contes de Jacob Grimm.
"L'or de Rhin" est donné en premier en 1869, suivi l'année suivante par la 2ème partie du Ring, "La Walkyrie", à Munich au Königliche Hoftheater, le futur Nationaltheater - contre l'avis de Richard Wagner qui s'oppose à Louis II sur le choix de la direction musicale. 
Therese et Heinrich Vogl interprètent les deux principaux protagonistes, Brünnhilde et Siegfried. 
En 1878, après Bayreuth en 1876, on pourra admirer la tétralogie complète à Munich, dans une mise en scène de Karl Brulliot (qui était également soliste au théâtre).

Munich, et le Deutsche Theatermuseum, qui possède toutes les archives (photos, enregistrements, contrats et dessins),  sont évidemment le lieu idéal et légitime pour retracer le parcours de la création du Ring, et de son histoire jusqu'à aujourd'hui. 

Richard Wagner à mis 28 ans pour créer son Ring (entre les prémices de l'oeuvre, et la première représentation intégrale de la Tétralogie).
Il triomphe dans le monde entier depuis 140 ans!

L'exposition, titulée "Von der Welt Anfang und Ende" (de la création du monde jusqu'à sa fin) montre les "Rings" Munichois mémorables du fin du 19ème au 21 siècle (de Karl Brulliot 1878, Ernst von Possart 1903, Anna Bahr 1921, Rudolf Hartmann 1947, Günther Rennert 1968, Nikolaus Lehnhoff 1987 à Herbert Wernicke / David Alden 2002), finissant avec la dernière en 2012 de Andreas Kriegenburg.

...Es war einmal...ein König, der seinen Lieblingsmusiker zwang...sein Lebenswerk zu beenden...

Der treibende und verantwortliche Motor für Richard Wagners Kreation des "Rings" - war Bayerns Kunst-König Ludwig der Zweite. Der nur 19jährige Herrscher, bekannt für seine - nicht immer "kunst"-werten - Verrücktheiten, hatte nur ein Ziel: ein königliches Theaterhaus zu schaffen für seinen glühend verehrten Musenfreund, den Komponisten Richard Wagner - und dadurch die Uraufführung seiner mythologischen Tetralogie zu erzwingen. Er "erleichterte" Monsieur Wagner seiner immensen Staats-Schulden, mietete für ihn eine seinem Musen-Status angemessene Wohnung - und sandte eine königlich-herrschaftliche Verordnung an Wagner, seinen Ring zu vollenden.
1869 wurde "Rheingold" am Münchner Hoftheater, dem jetzigen Nationaltheater, uraufgeführt, zwei Jahre später folgte die zweite Ringpartie, die "Walküre" - gegen den Willen seines Erschaffers (der nicht mit der musikalischen Besetzung seines Mäzens einverstanden war). Therese und Heinrich Vogl interpretierten Brünnhilde und Siegfried.
1878 kam die gesamte Tetralogie in Münchens Opernhaus heraus, zwei Jahre nach einer eher müden Uraufführung in Bayreuth. Karl Brulliot, Sänger und Regisseur des Hauses, inszenierte das umstrittene Mammutwerk.

Das Deutsche Theatermuseum in München ist der richtige Ort, Wagners Münchner Ring zu ehren und seine spannende Entstehungsgeschichte näher zu beleuchten - besitzt das Haus am Hofgarten doch alle dazu nötigen Dokumente (Fotoraritäten, historische Mitschnitte, Originalverträge...) in seinem Archiv. Wagner, der insgesamt 28 Jahre (mit mehreren Unterbrechungen) am Ring arbeitete, schuf ein echtes Lebens-Oeuvre, das seit 140 Jahren an allen wichtigen Opernbühnen der Welt triumphiert...

Die Ausstellung führt den Besucher durch alle Schaffensphasen des Rings, und inszeniert einen mitreissenden Reigen seiner wichtigsten Inszenierungen in München. Von Ende des 19. Jahrhunderts bis zur heutigen Version durchläuft man die Uraufführung Karl Brulliots (1878), Ernst von Possarts (1903), Mahler-Star Anna Bahrs (1921), Rudolf Hartmanns Kriegsend-schwangere Version von 1947, Günther Rennerts Meilenstein-Inszenierung (1968), gefolgt von Nikolaus Lehnhoff (1987), Herbert Wernicke/David Alden (2002) und Andreas Kriegenburg 2012...und wird zum glühendsten Fan des Meisters...

  Von der Welt Anfang und Ende - Der Ring des Nibelungen in München
Deutsches Theatermuseum, Munich
jusqu'au 20 octobre 2013 / bis 20. Oktober
www.deutschestheatermuseum.de



Amalie Materna, la première Brünnhilde à Bayreuth avec Cocotte, le cheval offert par Louis II de Bavière.  Amalie Materna als erste Brünnhilde in Bayreuth mit Pferd "Cocotte", ein Geschenk des Königs Ludwig II.

Arnold Aldenhoff en 1951 - Siegfried

Berta Morena  en 1903 - Brünnhilde

Hans Hotter -  Wotan


L'Or du Rhin, Scène 1. Insz. Andreas Kriegenburg, Bayerische Staatsoper, 2012 Münchens letzte Ring-Inszenierung 2012 von Andreas Kriegenburg (Photo: Beginn des "Rheingold")
Siegfried 1969 Insz. Günther Rennert, Bayerische Staatsoper, 1969, Birgit Nilsson (Brünnhilde) et Jean Cox (Siegfried)

"L'Or du Rhein" à Bayreuth 1876  /  Die "Rheintöchter" in Wagners Ring-Uraufführung 1876

Theodor Reichmann (avec Max Schlosser en Mime) dans Siegfried 1878

Therese Vogl (Brünnhilde) et Heinrich Vogl (Siegfried) 1878

Première de la "Walkyrie" avec Therese et Heinrich Vogl 1870 / Walküre, Uraufführung 1870, Therese und Heinrich Vogl


Zdenka Fassbender - Brünnhilde


 Préparatifs cinématographique du "Crépuscule des Dieux" 2012 Andreas Kriegenburg

samedi 24 août 2013

Le Marais Juif 1974-1975


Une ballade sans voyeurisme, dans un monde déjà disparu...

Spaziergang in einer fast vergessenen Welt: die « Rue des Rosiers » im Pariser Viertel le Marais

La rue des Rosiers est emblématique de la communauté juive, et en est l’artère principale à Paris.

Le photographe Alécio de Andrade, né en 1938 au Brésil, est arrivé à Paris en 1964 où il a vécu jusqu’à sa disparition en 2003.

Reporter de Presse, il publie dans Newsweek, Fortune, Géo, Le Nouvel Observateur, Le Figaro, Stern, Il Tempo ou le Jornal do Brasil.

Le Marais Juif est un quartier qu’il a côtoyé, et où il s’est même installé en 1982, au moment de l’attentat contre le restaurant Jo Goldenberg.

Bien différent de celui que nous voyons maintenant envahi de touristes, on y retrouve des enseignes disparues, de la devanture de la boucherie Emouna au numéro 25 de la rue des Rosiers, aujourd’hui laverie en libre-service, à l’intimité de l’appartement de Rosa Tzewick – rescapée d’Auschwitz et invalide – au 2ème étage du numéro 19, en passant par le petit passage du 7 rue des Ecouffes, aujourd’hui fermé et qui menait à la rue du Trésor.

A travers 65 photographies prises en 1974-1975, il nous replonge près de 40 ans en arrière, dans un environnement traditionnel, le Pletzl – « petite place » en yiddish –, le quartier des juifs ashkénazes depuis la fin du XIXe siècle.



Die Rue des Rosiers, eine Hauptader des Marais, war und ist Zentrum der Juden. Ein Viertel, das heute von Touristen verschlungen wird, in der Hoffnung, noch ein paar Tupfer Authentizität zu finden…Die meisten Adressen sind verschwunden, oder zu In-Bars mutiert : u.a. die Metzgereien, Familienbetriebe, wie Emouna (Nummer 25), heute eine Schnellwäscherei. Oder unzählige, nicht mehr existierende Privatwohnungen, wie  jene von Rosa Tzewick, invalider Auschwitz-Flüchtling (Nummer 19).

Der Pressefotograf Alécio de Andrade, geboren 1938 in Brasilien, hat das Viertel bewohnt, und über die Jahre verfolgt – bis zum Attentat auf das Restaurant Jo Goldenberg (1982).

 In 65 Klischees zeigt das Musée d’Art et d’Histoire du Judaisme einen Auschnitt des Werks des 2003 verstorbenen Magnum-Fotografen – seine Sicht auf das « Pletzl » der jüdischen Aschkenasen.

  
Album avec 24 photos sur la page facebook de Culture und Kultur
https://www.facebook.com/pages/Culture-und-Kultur/382992095121582?ref=hl

Le Marais juif, 1974-1975 Photographies d’Alécio de Andrade
21 juillet – 6 octobre 2013

Musée d'art et d'histoire du Judaïsme / Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple 75003 Paris



 
23 bis, rue des Rosiers, 1975

Boucherie Emouna, 25, rue des Rosiers, 1975

Boucherie Maurice Chabaat, 2, rue des Hospitalières-Saint-Gervais, 1975

Devant le restaurant Jo Goldenberg. Angle du 7, rue des Rosiers et du 18, rue Ferdinand Duval, 1975

Devant les 44 et 46 rue des Rosiers, 1975

Rosa Tzewick, rescapée d’Auschwitz, 2e étage du 19, rue des Rosiers, 1974